Communiqué : Non ! La crise des vocations enseignantes n’est pas enrayée !

8 décembre 2025

Non ! La crise des vocations enseignantes n’est pas enrayée !

Communiqué de presse d’Alain Avello
Président de Racine— les enseignants patriotes
Membre de l’Equipe nationale et du Comité exécutif des Patriotes

 

Le ministre de l’Éducation nationale se félicite d’une prétendue « sortie de crise des vocations », arguant d’un doublement des inscriptions aux concours d’enseignants. Cette hausse relève du trompe-l’œil : elle n’est ni structurelle, ni durable, mais procède pour l’essentiel d’un artifice statistique.

En effet, les chiffres de cette année sont considérablement faussés par la coexistence exceptionnelle de deux sessions de concours parallèles, l’une à bac+3, l’autre à bac+5, situation directement produite par la réforme en cours : davantage de concours ouverts, davantage de voies d’inscription et, donc, une augmentation mécanique du nombre d’inscrits. Aussi le volume ne traduit nullement un afflux massif de nouvelles vocations : il additionne les inscriptions multiples d’un même candidat putatif sur plusieurs voies, outre qu’il est comparé aux chiffres d’une année 2025 historiquement basse.

Pour juger de l’attractivité réelle du métier, ce ne sont pas les inscrits, mais les présents aux épreuves, les admis, et surtout le nombre de postes non pourvus qui devront être considérés.
Il est connu qu’une proportion importante des inscrits ne se présente pas au concours, de sorte que la  « hausse » annoncée aujourd’hui ne préjuge en rien du nombre réel de candidats, ni du niveau d’exigence, ni de la capacité du système à recruter assez d’enseignants, tout particulièrement dans les disciplines les plus en tension.

Ces chiffres, tels l’arbre cachant la forêt, ne changent rien à une crise des vocations devenue endémique et dont les causes sont parfaitement identifiables et connues : rémunérations honteuses rapportées au niveau d’étude (baisse d’environ 40% du pouvoir d’achat en 40 ans), conditions de travail profondément dégradées (immixtion généralisée et, pour tout dire, insupportable des « parents d’élèves » et d’une organisation politisée comme la FCPE, violences scolaires de plus en plus nombreuses et graves, absence de soutien d’une hiérarchie pusillanime et tremblante, au titre du fameux « pas de vagues », etc.), complète dévalorisation sociale de la fonction enseignante, perte quasi-totale du sens des missions intrinsèques de l’Ecole de la République (instruire, remédier par l’instruction aux inégalités sociales d’origines, instituer le citoyen éclairé et libre).
Tant que le ministère se contentera de s’autocongratuler de chiffres artificiels, plutôt que de s’attaquer à ces problèmes de fond, l’École continuera de manquer d’enseignants.

Au contraire, la crise des vocations enseignantes sera pour de bon enrayée le jour où la fonction sera revalorisée, autant symboliquement, socialement que salarialement, dans le cadre du grand plan de sauvetage dont le système scolaire a un si urgent et impérieux besoin, lequel consistera en tout premier lieu à replacer la transmission du savoir en son cœur et à renouer avec la culture de l’effort, du dépassement de soi, en un mot : du mérite.