Communiqué de presse sur ma démission du Front National

Communiqué de presse d’Alain Avello,                président du Collectif Racine
                                                                                                        conseiller régional des Pays de la Loire
                                                                                                              ex-membre Conseil stratégique Marine 2017
                                                                       ex-responsable FN44       

 

La décision annoncée ce matin par Florian Philippot de quitter le Front National referme la fenêtre qui s’était ouverte en 2011, avec l’accès de Marine Le Pen à la présidence du mouvement. Le Front devenait alors, non sans paradoxe certes, mais résolument, le seul parti populaire authentiquement républicain, souverainiste et social de l’échiquier politique. Ce pourquoi, je l’avais rejoint avec d’autres orphelins de la gauche patriote, dans l’enthousiasme de réaliser, dix ans après le Pôle Républicain, mais cette fois pour gagner et faire donc gagner la France, l’union des républicains et des patriotes « des deux rives », le grand rassemblement, par-delà la gauche et la droite, du peuple français.

Je conserve jusqu’à ce jour l’entière certitude de la concordance parfaite entre les convictions profondes de Marine Le Pen et celles que nous partageons avec Florian. Cette certitude a nourri le dévouement, dont j’ai témoigné par un travail sans relâche au service de notre cause commune. D’abord, et parce qu’un parti de gouvernement doit parler de tous les sujets, en cofondant  et en présidant le premier collectif  associé au Front, spécialiste des questions d’éducation, et auteur d’un grand projet de réforme ayant inspiré le Projet présidentiel de notre candidate — c’est à ce titre que, sur ces questions, j’eus l’honneur de porter sa parole au cours de la campagne. Ensuite, depuis décembre 2015, en tant qu’élu et vice-président du groupe Front National au Conseil régional des Pays de la Loire. Enfin, depuis décembre 2016, en dirigeant la fédération de Loire-Atlantique que j’ai menée à la bataille des présidentielles et des législatives.

Malgré leur étroite proximité politique, en dépit du fait que c’était Florian, plus qu’aucun autre, qui portait le « marinisme », et que c’est à lui, surtout, que revient le mérite de la progression électorale du mouvement au cours des dernières années, Marine Le Pen a consenti à se saisir d’un prétexte fabriqué de toutes pièces par ceux qui voulaient rompre avec Florian Philippot. Car, outre la loyauté jamais démentie de ce dernier à son égard, l’association « Les Patriotes » avait pour fonction première de contribuer, à l’intérieur du Front National, à sa nécessaire refondation.  C’était sans compter avec les manœuvres, toutefois prévisibles, d’un clan influent — Bay, Aliot, Bilde, Collard… —et prêt à tout pour substituer à la ligne mariniste, nationale-républicaine, souverainiste, sociale et résolument moderne, celle vers laquelle, à n’en pas douter, le Front évoluera désormais : plus libérale, et donc faible, sinon compromise à l’égard de l’euromondialisme, repliée sur des thématiques qui, pour importantes qu’elle soient, ne sauraient constituer à elles seules un projet crédible de gouvernement (insécurité, immigration, Islam) et plus sociétalement réactionnaire que véritablement sociale.

Avec tristesse, je me dis que Marine Le Pen ne peut pas ne pas savoir qu’allant à ce point à l’encontre de ce à quoi, j’en ai donc la certitude, elle est profondément attachée, ces évolutions prévisibles pourraient finir par la désigner elle aussi comme cible.

Indéfectiblement fidèle à mes convictions de toujours pour une France libre, souveraine et préservant son modèle social, et observant que le Front National a déjà commencé à ne plus vraiment les incarner, j’en tire donc, ce jour, les conséquences logiques en en démissionnant.

Et j’appelle à rejoindre massivement l’association « Les Patriotes » présidée par Florian Philippot, à laquelle j’ai personnellement adhéré dès l’origine.